Pentecôte, l’achèvement de Pâques

Pentecôte, l’achèvement de Pâques

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Le peuple juif célébrait la Pâque, vous le savez, par l’immolation d’un agneau qu’il mangeait avec des pains azymes. Cette immolation de l’agneau symbolisait l’immolation de Jésus Christ et les pains azymes la vie nouvelle purifiée de l’ancien levain… Et, cinquante jours après la Pâque, ce peuple fêtait le moment où Dieu a donné sur le mont Sinaï la Loi écrite de son doigt. À la préfiguration de la Pâque succède la Pâque en plénitude (1Co 5,7) ; Jésus Christ est immolé et nous fait passer de la mort à la vie. Le mot Pâque, en effet, signifie « passage », ce qu’exprime l’évangéliste quand il dit : « L’heure était venue où Jésus devait passer de ce monde à son Père » (Jn 13,1)…

La nouvelle Pâque est donc célébrée, le Seigneur est ressuscité, il nous fait passer de la mort à la vie…, et cinquante jours après, l’Esprit Saint, « le doigt de Dieu » (Lc 11,20), descend sur les disciples. Mais voyez quelle différence dans les circonstances. Là le peuple se tenait au loin : c’était la crainte et non l’amour qui le dominait… ;  Dieu est descendu sur le mont Sinaï au milieu du feu, frappant le peuple d’épouvante… Au contraire, lorsque l’Esprit Saint est descendu, les disciples « étaient tous ensemble en un même lieu », et l’Esprit, loin de les effrayer du haut de la montagne, est entré dans la maison où ils étaient réunis (Ac 2,1s)…

« Ils virent, dit l’Écriture, comme un sorte de feu qui se partageait en langues. » Était-ce un feu qui provoquait la peur ? Pas du tout. « Ces langues se posèrent sur chacun d’eux et ils commencèrent à parler diverses langues selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » Écoutez la langue qui parle et comprenez que c’est l’Esprit qui écrit, non sur la pierre mais dans les cœurs (Ex 31,18 ; 2Co 3,3). Ainsi donc, « la Loi de l’Esprit de vie » (Rm 8,2), écrite dans le cœur et non sur la pierre, est en Jésus Christ en qui la Pâque a été célébrée en toute vérité.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 155, 5-6 ; PL 38, 843

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Annonçons que Jésus est vivant !

Bien des croyants actuels ressemblent à cette poignée de disciples renfermés dans un cénacle aux portes verrouillées. Ils sont ravagés par la peur, déçus dans leurs espoirs, se demandant avec angoisse si le Christ n’est pas à jamais dilué dans le cosmos !

Or Jésus ne cesse de venir. Il est là au milieu de son Eglise. Le même, l’homme au côté et aux mains transpercées. Mais il est ressuscité. C’est nous l’avons remplacé dans le tombeau ! Laissons nous réveiller par l’Esprit ! Sentons-nous revivre en dégustant les fruits de l’Esprit.

Notre mission est de sortir de notre ghetto pour annoncer que Jésus Christ est vraiment ressuscité !

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Solennité de la Pentecôte

La Pentecôte

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Lecture: Ac 2, 1-4

1. « La Pentecôte chrétienne, célébration de l’effusion de l’Esprit Saint, présente divers aspects dans les écrits néotestamentaires.
Nous commencerons par celui dont nous avons à présent entendu la description dans le passage des Actes des Apôtres. Il s’agit du plus immédiat dans l’Esprit de tous, dans l’histoire de l’art et dans la liturgie elle-même.
Luc, dans sa seconde oeuvre, place le don de l’Esprit à l’intérieur d’une théophanie, c’est-à-dire d’une solennelle révélation divine, qui dans ses symboles renvoie à l’expérience d’Israël au Sinaï (cf. Ex 19). Le fracas, le vent impétueux, le feu qui évoque la foudre, exaltent la transcendance divine. En réalité, c’est le Père qui donne l’Esprit à travers l’intervention du Christ glorifié. Pierre le dit dans son discours: « Jésus… exalté par la droite de Dieu, a reçu du Père l’Esprit Saint, objet de la promesse, et l’a répandu. C’est là ce que vous voyez et entendez » (Ac 2, 33).
A la Pentecôte – comme l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise catholique – l’Esprit Saint « est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine… En ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte » (CEC, nn. 731-732).

2. Toute la Trinité est en effet concernée par l’irruption de l’Esprit Saint, répandu sur la première communauté et sur l’Eglise de tous les temps comme le sceau de la Nouvelle Alliance annoncée par les Prophètes (cf. Jr 31, 31-34; Ez 36, 24-27), pour soutenir le témoignage et comme source d’unité dans la pluralité.
En vertu de l’Esprit Saint les Apôtres annoncent le Ressuscité, et tous les croyants, dans la diversité de leurs langues, donc de leurs cultures et de leur histoire, professent l’unique foi dans le Seigneur, « publiant les merveilles de Dieu » (Ac 2, 11).
Il est significatif de noter qu’un commentaire hébraïque de l’Exode, en réévoquant le chapitre 10 de la Genèse dans lequel on dresse une liste des soixante-dix nations qui, l’on pensait, constituaient l’humanité dans sa plénitude, les reconduit au Sinaï pour écouter la Parole de Dieu: « Au Sinaï la voix du Seigneur se divisa en soixante-dix langues, afin que toutes les nations puissent comprendre » (Exode Rabba’ 5, 9). De même, dans la Pentecôte de Luc la Parole de Dieu, à travers les Apôtres, est adressée à l’humanité pour annoncer à toutes les nations, dans leur diversité, « les grandes oeuvres de Dieu » (Ac 2, 11).

3. Il existe cependant dans le Nouveau Testament un autre récit que nous pourrions appeler la Pentecôte de Jean.
Dans le quatrième Evangile, en effet, l’effusion de l’Esprit Saint est située le soir même de Pâques et est intimement liée à la Résurrection. On lit chez Jean: « Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit: « Paix à vous! »; Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors de nouveau: « Paix à vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit: « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » » (Jn 20, 19-23).
Dans ce récit de Jean également, resplendit la gloire de la Trinité: du Christ Ressuscité qui se montre dans son corps glorieux, du Père qui est à la source de la mission apostolique et de l’Esprit répandu comme don de paix. Ainsi s’accomplit la promesse faite par le Christ, à l’intérieur de ces mêmes murs, lors des discours d’adieu aux disciples: « Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 26). La présence de l’Esprit dans l’Eglise est destinée à la rémission des péchés, au souvenir et à l’accomplissement de l’Evangile dans la vie, à la réalisation toujours plus profonde de l’unité dans l’amour.
L’acte symbolique de souffler veut évoquer l’acte du Créateur qui, après avoir modelé le corps de l’homme avec de la glaise du sol, « insuffla dans ses narines une haleine de vie » (Gn 2, 7). Le Christ ressuscité communique un autre souffle de vie, « l’Esprit Saint ». La rédemption est une nouvelle création, oeuvre divine à laquelle l’Eglise est appelée à collaborer à travers le ministère de la réconciliation.

4. L’Apôtre Paul ne nous offre pas un récit direct de l’effusion de l’Esprit, mais il parle de ses fruits avec une telle intensité que l’on pourrait parler d’une Pentecôte de Paul, elle aussi présentée sous le signe de la Trinité.
Selon deux passages parallèles des Epîtres aux Galates et aux Romains, en effet, l’Esprit est le don du Père, qui nous rend fils adoptifs, en nous faisant participer à la vie de la famille divine elle-même. Paul affirme donc: « Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ » (Rm 8, 15-17; cf. Gal 4, 6-7).

Avec l’Esprit Saint dans le coeur nous pouvons adresser à Dieu l’appellation familière abba’, que Jésus lui-même utilisait à l’égard de son Père céleste (cf. Mc 14, 36). Comme lui, nous devons marcher selon l’Esprit dans la liberté intérieure profonde: « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22).

Nous concluons notre contemplation de la Trinité dans la Pentecôte par une invocation de la liturgie d’Orient:
« Venez, peuples, adorons la Divinité en trois personnes: le Père dans le fils avec l’Esprit Saint. Car le Père de toute éternité engendre un fils coéternel et régnant avec Lui, et l’Esprit Saint est dans le Père, glorifié avec le Fils, puissance unique, unique substance, unique divinité… Trinité Sainte, gloire à Toi! » (Vêpres de la Pentecôte).

La Pentecôte célèbre l’effusion de l’Esprit qui « est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine » (CEC, nn. 731-732). La Trinité est donc tout entière présente dans l’irruption de l’Esprit, qui donne aux Apôtres la force d’annoncer à toutes les nations le Christ ressuscité.
L’événement de la Pentecôte fait resplendir la gloire de la Trinité: le Christ se manifeste dans son corps glorieux, le Père est la source du don de l’Esprit réalisant la promesse de l’envoi du Paraclet. En soufflant sur les disciples rassemblés au Cénacle, Jésus fait aussi apparaître que la rédemption est une nouvelle création, une action divine à laquelle l’Eglise est appelée à collaborer à travers le ministère de la réconciliation. »

D’après le pape Jean-Paul II lors d’une audience générale le 31 mai 2000.

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